Septeto NACIONAL

Ignacio PIÑEIRO, au retour d'une tournée à New York avec María Teresa VERA quitte le groupe de celle-ci et rejoint le "SEXTETO HABANA SPORT " en 1927. L'Académie Habana Sport est le lieu où se produit le sexteto.

Le groupe avait été créé l'année précédente dans le cadre d'une guerre des labels. Les premiers chanteurs du sexteto sont : Juan de la CRUZ, première voix et claves et Bienvenido LEÓN, seconde voix et maracas. Leur duo vocal -tenor/baryton- fait une exceptionnelle impression à La Havane. La formation est complétée par Alberto VILLALÓN, guitare; Francisco SOLARES GONZÁLEZ, dit "Panchito Chevrolet" tres, José "El Chino" INCHARTE, bongó et Ignacio PIÑEIRO, contrebasse.


Les premiers enregistrements ont lieu à New York fin 1927. Abelardo BARROSO prête son concours pour ces enregistrements.
Pour des raisons commerciales la formation est rebaptisée "SEXTETO NACIONAL".

Les premiers membres du Sexteto Nacional
Piñeiro, de la Cruz, Incharte, Solares, León et Villalón.
Photographies Archives Tumbao, Barcelona.

Dès le retour des Etats Unis le sexteto fait une tournée dans toute l'île, patronnée par la compagnie discographique Victor. Il s'agit déjà de promouvoir des disques dès leur enregistrement. Le "SEXTETO NACIONAL" est immédiatement apprécié par le public et entre en concurrence directe avec le "SEXTETO HABANERO" dont il se démarque toutefois par un style personnel que lui imprime PIÑEIRO qui est pratiquement le compositeur exclusif du groupe. Le jeu de PIÑEIRO à la contrebasse diffère du jeu traditionnel et le "SEXTETO NACIONAL" va être à l'origine d'une différenciation perceptible encore de nos jours entre le Son habanero et le Son oriental.

Eutimio CONSTANTÍN, guitare; Enrique "Chungo" ENRIZO, voix; suppléent parfois aux indisponibilités de VILLALÓN ou de de la CRUZ.

A La Havane, toujours en 1928, le sexteto enregistre trois compositions qui montrent que certains Sones, comme dans ceux de gravés à New York - "Yo quiero morir en Cuba", "Miñaroco"-, sont encore rythmiquement sous l'emprise du rythme de la habanera, "Viva el bongó", "Marisa o rascame aquí ", "Ay mama Iñez".

Sexteto Nacional, "Ay! Mama Iñez". Voix: de la Cruz, León. >>>>

A la fin de 1927 l'arrivée de Lázaro HERRERA, trompette; transforme le groupe en Septeto. Le Son s'affermit. Pour les enregistrements, Abelardo BARROSO, première voix et claves s'incorpore de nouveau à l'orchestre qui utilise donc deux premières voix. Après un passage à La Tropical le Septeto se dirige en juillet 1928 vers New York pour de nouveaux enregistrements.

Une des toutes premières photographies du Septeto Nacional .

Le "SEPTETO NACIONAL" se déplace sans VILLALÓN mais avec CONSTANTÍN, HERRERA et BARROSO. Le répertoire comprend essentiellement des compositions de Ignacio mais aussi "El rancho de Totora" de Francisco SOLARES GONZÁLEZ: "Los viudos quieren tener" de LEÓN. Le septeto se présente aussi sur scène. Au retour BARROSO reprend sa liberté et est remplacé par "Chungo" ENRIZO pour les retrouvailles avec l'Académie. Le "SEPTETO NACIONAL" anime aussi l'Académie Encanto et remplace au début de 1929 "Chungo" par José "Cheo" JIMÉNEZ, une excellente voix appréciée du public, provenant du "SEPTETO HABANERO" et "Chino" par Agustín GUTIÉRREZ.


Collection Cristobal Díaz Ayala.

La formation cubaine est invitée en 1929 à l'Exposition Iberoaméricaine de Seville. Eutimio CONSTANTÍN et la danseuse Urbana TROCHE entrent dans la formation pour l'occasion. GUTIÉRREZ est son partenaire. José "Cheo" JIMÉNEZ, voix et claves, décède à bord du Cristobal Colón. Le septeto débute à Vigo, La Corogne, Oviedo, Gijon, Santander, Valladolid et d'autres petites villes puis à Madrid au Teatro Avenida. A Madrid, PIÑEIRO étrenne son "Suavecito" et l'enregistre avec notamment "Asturias", "Patio querido"...

A Seville, devant les tâches à accomplir le groupe qui arecruté d'autres danseuses se scinde parfois et offre des prestations en trio avec Bienvenido, Juan et Eutimio avec un répertoire de canciones.
Le succès obtenu à Seville fait de cette présentation du "SEPTETO NACIONAL" une consécration mais c'est aussi une révélation pour le public espagnol. Le thème de Rosendo RUÍZ "De mi Cubita es el mango" remporte un grand succès. L'escale newyorkaise du retour permet au"SEPTETO NACIONAL" d'enregistrer cette fois pour la compagnie Brunswick.

Juan de la CRUZ quitte le groupe au retour d'Espagne et une nouvelle voix Alfredito VALDÉS, remplace le malheureux José JIMÉNEZ. Miguel Ángel PORTILLO, bongó se substitue à Agustín GUTIÉRREZ.

Le "SEPTETO NACIONAL" est engagé au célèbre Cabaret Sans Souci de La Havane et à l'Hôtel Plaza où il remplace l'orchestre de Moises SIMONS qui part pour l'Euorpe et sur les ondes de toutes les radios, de la CMCQ puis sur celles de Radio Lavín, CMCG... .


Le septeto enregistre de nouveau en 1930 à Cuba, "Suavecito", "Incitadora región"... puis passent l'année suivante au service de la compagnie Victor, enregistrant "Entre preciosas palmeras", " El Son que quitas las penas", "De pelota no", "Que bonita es Cuba" ... La formation est réclamée jusque dans les plus petits villages mais aussi par l'hôtel Dos Hermanos de la capitale en 1932 .


Septeto Nacional. 1932. León, Constantín, Solares, Piñeiro, Valdés, Herrera, Portillo.

En 1933 alors qu'il joue au cabaret Montmartre, le "SEPTETO NACIONAL" est engagé pour jouer lors la Foire Exposition de Chicago. Comme à Seville le groupe emmène des danseurs et danseuses dont GUTIÉRREZ. Le septeto joue aussi sur des scènes autour de Chicago. C'est à ce moment qu'il fait connaître largement la fameuse composition de PIÑEIRO, "Echale salsita". Sur la route du retour des enregistrements sont réalisés à new York avec entre-autres "Lindo Yambú", "Me arrepiento", "Como voy a sufrir"...et c'est GUTIÉRREZ qui prend le bongó.
De retour dans la capitale cubaine le "SEPTETO NACIONAL" obtient de nouveaux succès au Yacht Club dans le quartier de Miramar et participe à plusieurs films.

Ignacio Piñeiro, Alfredito Valdés, Eutimio Constantín et Lázaro Herrera. 1933.


"Echale salsita" >>>>

Ignacio PIÑEIRO quitte l'ensemble en 1934. Lázaro HERRERA en assure alors la direction jusqu'en 1937, date de sa dissolution. Dans cette "période terminale" le groupe compte sur d'excellents instrumentistes et chanteurs qui ont déjà une belle histoire personnelle ou qui ouvrent de nouvelles portes à la musique cubaine :Francisco SOLARES GONZÁLEZ, qui outre le tres assure une première voix; Eutimio CONSTANTÍN, Miguel Ángel PORTILLO, restent en place, Oscar VILLARTA, remplace Ignacio. En 1935 le septeto intervient lors d'un concert donné par la société Jovenes del Vals avec plusieurs autres septetos, orchestres, pour un grand hommage à la formation de Neno GONZÁLEZ et Paulina ÁLVAREZ. L'année suivante il signe un contrat pour une saison à La Campana avec un nouveau chanteur, Marcelino "Rapindey" GUERRA, qui remplace Bienvenido LEÓN. Tous deux pourtant assurent les enregistrements pour la Brunswick la même année. Parmi les nouveautés au programme des sessions figurent "La Lira del Poeta", "No creas que esta llorando"... Bienvenido GRANDA entre dans le "SEPTETO NACIONAL" au début de 1937 pour remplacer Alfredito. Le groupe participe aux fêtes de San Antonio de las Vegas, enregistre pour RCA Victor avec le duo GRANDA, première voix, et GUERRA, seconde voix, des compositions de SOLARES GONZÁLEZ, "A Gozar la conga", " Calla campanero"; de "Rapindey " , "Espejismo"; de CONSTANTÍN, " Un toque" ... En fin d'année le septeto anime les bailables de La Polar.

1938. Accroupis: Nuñez, Castro, Guerra.

Ramón CASTRO est le nouveau bongosero. Il participe aux enregistrements avec Miguelito VALDÉS qui interprète notamment « A la loma de Belén » et « Me han quema’o » de Lázaro. L'année 1938 est marquée par la participation du septeto à deux grands succès cinématographiques El Romance del palmar et Sucedio en La Habana qui comporte des prestations remarquables de HERRERA et d'excellente parties vocales dues au maçon Pedrito RIVERO, une nouvelle et temporelle recrue.


Annuaire des musiciens 1939

Lorsque RIVERO retourne aux chantiers c'est Joseíto NUÑEZ qui le remplace. La situation est chaque jour plus difficile pour les septetos devant l'arrivée des premiers conjuntos et des orchestres. L'économie n'est pas non plus favorable. Le "SEPTETO NACIONAL" est pratiquement sans travail même si en 1940 il entre en studio avec PIÑEIRO pour enregistrer des thèmes de Miguelito GARCIA qu' Ignacio avait cotoyé à l'époque où ils étaient membres du "SEXTETO OCCIDENTE".

Le "SEPTETO NACIONAL" disparaît pratiquement du panorama musical cubain pendant plus d'une decennie, se retrouvant occasionnellement pour quelques fêtes ici ou là.

En 1953 le musicologue Odilio URFÉ oeuvre pour la réorganisation du "SEPTETO NACIONAL" pour un ensemble d'activités lors d'un Festival de Musique Populaire puis l'année suivante pour le programme radiophonique Música de Ayer y de Hoy. Le "SEPTETO NACIONAL" réapparaît alors sous la direction de PIÑEIRO avec d'anciens membres SOLARES GONZÁLEZ, LEÓN, HERRERA, GUTIÉRREZ, VILLARTA.
Rafael
"Mañungo" ORTIZ et Carlos EMBALE entrent aussi dans le septeto qui réalise plusieurs enregistrements notamment avec le trio vocal comprenant EMBALE, Bienvenido LEÓN et Joseito NUÑEZ.

En 1957, et toujours sous l'impulsion de URFÉ, le septeto renaît une nouvelle fois et rappelle plusieurs de ses premiers intervenants pour enregistrer à Cienfuegos, ville d'origine Rafael « Mañungo » ORTÍZ. Sont présents PIÑEIRO, VILARTA, SOLARES GONZÁLEZ, VALDÉS, LEÓN, GUTIÉRREZ, EMBALE, HERRERA . Lors des enregistrements ORTÍZ propose de transformer le septeto et fait entrer Antonio « Musiquita » SÁNCHEZ, piano; Manolito SAENZ, trompette et Leonardo BERNABÉ, congas; faisant du groupe un réel conjunto. Les thèmes sont édités en deux 45trs sous le nom de « CONJUNTO NACIONAL ».

Ces activités de la fin de la décade relancent le "SEPTETO NACIONAL". La formation persévère et poursuit son activité. Sous l'appellation "SEPTETO NACIONAL de IGNACIO PIÑEIRO", la formation enregistre dans les studios de Radio Progreso avec plusieurs nouveaux membres Alejandro ABREU OVIEDO, contrebasse; Marino "El Principe" GONZÁLEZ, bongó, fondateur en 1927 du "SEXTETO CUBA". Ces sessions voient aussi le retour de NUÑEZ. Le septeto se joint à la grève de 1958 soutenant les Révolutionnaires qui approchent de la capitale.

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........Solares et Piñeiro lors de la seconde étape du Nacional. ... Ignacio Piñeiro et le septeto au milieu des années cinquante.

L'enthousiasme post-révolutionnaire et le souci des nouveaux dirigeants de sauvegarder le patrimoine culturel motive PIÑEIRO à sortir de sa retraite et à revenir aux activités musicales. Il relance définitivement le "SEPTETO NACIONAL de IGNACIO PIÑEIRO" avec les fondateurs Bienvenido LEÓN, "Panchito Chevrolet" SOLARES GONZÁLEZ, l'historique Lázaro HERRERA, les plus récentes incorporations: ORTIZ, "El Principe", NUÑEZ, VILARTA, ABREU et EMBALE qui entre et sort fréquemment du septeto. Dès 1959 le "nouveau" septeto enregistre pour la nouvelle Seeco cubaine. Les thèmes classiques se mêlent à quelques nouvelles compositions dans les duos vocaux de EMBALE et NUÑEZ.

Appuyé par le Ministère de la Culture, le "SEPTETO NACIONAL" retrouve les scènes, les fêtes de carnaval, les tournées dans l'île... En 1961 la télévision invite la formation qui réalise de nouveaux enregistrements. En 1962, le "NACIONAL" participe au 1° Festival de Musique Populaire puis intervient dans les bases militaires lors de la crise entre Cuba et les Etats Unis, se présente en de multiples lieux et enregistre à Radio Progreso sans la voix NUÑEZ. Il récidive l'année suivante avant la sortie de EMBALE en 1964 et l'entrée du contrebassiste Charles BURKE puis en 1966 c'est le tresero Hilario ARIZA qui rejoint le septeto qui continue de se produire abondamment.

PIÑEIRO disparaît en 1969 et le guitariste Rafael "Mañungo" ORTIZ prend la direction de la formation qui poursuit ses concerts et tournées. En hommage au disparu le "SEPTETO NACIONAL" enregistre douze thèmes sous le titre "Sones de Ignacio Piñeiro" incluant la composition de HERRERA, et celles de ORTIZ "Cuatro paredes" et "Un mensaje de amor" et un thème inédit de PIÑEIRO, "Màs calentitos". NUÑEZ, EMBALE et LEÓN constituent le trio vocal de l'enregistrement. L'année suivante la prestation phare a lieu à Varadero dans le cadre du 1° Festival Internacional de la Canción et le groupe donne de nombreux concerts lors de la zafra. Mariano CARBALLO remplace "El Principe" au bongó. En 1972 le septeto est programmé à la Semaine de la Culture à la Casa de la Trova San Lázaro. La société Egrem enregistre le "SEPTETO NACIONAL" en 1973. Quatorze titres sortent des studios avec notamment une composition de ORTIZ, "El carretero emulante" et de HERRERA, ARIZA, GARAY, MATAMOROS et Ignacio. Antonio GARCÍA, voix, entre dans la formation qui perd Carlos EMBALE chargé de réorganiser le coro "CLAVES y GUAGUANCÓ".

Les huit membres du septeto continuent leurs présentations sur les ondes et leurs enregistrements avec Marino GONZÁLEZ au bongó. En 1975 le "SEPTETO NACIONAL" joue pour la réouverture du Liceo Artístico y Literario et accueille quelques mois le chanteur Carlos BARBERÍA dans ses rangs.


Deux ans plus tard le 50° anniversaire du "SEPTETO NACIONAL" est marqué par un concert au Palais des Beaux Arts. Succède au concert un documentaire pour lequel sont invités le vétéran Agustín GUTIÉRREZ, EMBALE. Clemente "Chicho" PIQUERO est le nouveau bongosero du septeto qui enregistre avec la voix de la chanteuse Alina SÁNCHEZ. Le succès du disque rouvre les portes de la télévision à la formation. Dans le cadre du sauvetage de la musique traditionnelle et sous la direction de la musicologue María Teresa Linares, le "SEPTETO NACIONAL" enregistre en 1978 d'anciennes compositions avec les arrangements d'origine. Le septeto ouvre sa peña, participe au XI° Festival Mondial de la Jeunesse et des Etudiants. Un sonero historique intègre la formation, Florencio "Carusito" HERNÁNDEZ, chanteur et fondateur, la même année que le "NACIONAL" du "SEXTETO FAVORITO". L'âge de certain fait que des suppléants s'intègrent au groupe comme Rodolfo OVIEDO pour ARIZA, ce qui a été le cas de GARCÍA, PIQUERO qui sont de plus en plus sollicités. Un couple de danseurs, Rolando et Mercedes est engagé.


Le Septeto en 1978 avec Carusito, Sánchez, Herrera, Embale, Ortiz, Yeyo, Burke, Ariza.

Le Carifesta'79 accueille le septeto qui participe également à l'hommage à Barbarito DIEZ. "Guanajay" devient bongosero et Orlando BOLAÑOS remplace ORTIZ qui se contente alors de la direction du groupe et de jouer du güiro. Lázaro reste le dernier fondateur du septeto lorsqu’en 1980 la participation de LEÓN devient précaire. Il a 77 ans. Le "SEPTETO NACIONAL" est constitué alors de Lázaro, Rafael, Carlos, Florencio, Charles BURKE, Antonio GARCIA, Jesús PINILLOS puis Rogelio "Yeyo" CASTELLANOS, bongó et Israel GONZÁLEZ, tres. Tous participent au Festival Benny Moré et voyagent l'année suivante à Panama; participent au Gala d'inauguration du concours Adolfo Guzmán; au Festival Cutural de Sierra Maestra à Santiago de Cuba avant la retraite musicale de BURKE. Modesto BALBUENA le remplace avant les sessions Egrem du début de 1983. Beaucoup de nouveaux thèmes sont au programme "El Viandero", "Consuélate como yo", " La vida es una semana", "Suave murmullo"... La voix de Mercedes MANZANO est inclue dans les crédits comme membre du septeto. LEÓN a définitivement quitter le "SEPTETO NACIONAL" et EMBALE propose la voix de Eugenio "Raspa" RODRÍGUEZ mais celui-ci va tarder plusieurs années avant d'accepter.

Le VI° Festival Nacional del Son a lieu en 1984 à Bayamo. Le "SEPTETO NACIONAL" y participe et accompagne plusieurs artistes tels que Omara PORTUONDO, Elena BURKE, Pablo MILANÉS.... Il participe également en 1986 à la Journée Nationale de la Culture Cubaine à La Havane. Les changements de personnels se succèdent rapidement. Cándido MAZA devient guitariste, Senén MATOS, bongosero et Ismael GONZÁLEZ prend la trompette laissée en 1987 par Lázaro qui se retire définitivement tout comme Florencio. Leur retraite et celle de Rafael ORTIZ donnent lieu à un concert, qui célèbre aussi les soixante ans de la formation, auquel tous participent, au Teatro América. Ils se retirent avec l'interprétation de "El final no llegará".

 

Le Septeto Nacional en 1982 à la Casa de la Trova de San Lázaro, La Havane.

1988. Ignacio PIÑEIRO aurait eu 100 ans et les successeurs célèbrent l'événement sous la direction de Carlos EMBALE à qui incombe la lourde tâche de maintenir le son traditionnel avec de jeunes recrues. L'anniversaire donne lieu à plusieurs manifestations. Le "SEPTETO NACIONAL" donne un récital sur le Canal 6 de la télévision, se rendent aux Carnavals de Vera Cruz, -ils emmènent Lázaro- donnent des concerts dans plusieurs villes le long de la côte caraïbe du Mexique. Au retour une Journée du Centenaire de PIÑEIRO est organisée au Patio Échale Salsita dans le quartier du Vedado de la capitale. Le groupe repart pour le Canada. Les nouveaux membres sont Luis SANTACRUZ puis Pausides SUÁREZ, voix; Sergio de CUBA, contrebasse; Alexis RAMÍREZ, guitare et enfin "Raspa" que Carlos EMBALE finit par convaincre. Mais la valse des noms continue, souvent rapide; beaucoup de musiciens n'arrivent pas à s'accorder au caractère de EMBALE et trouvent aussi que les contrats ne sont pas assez nombreux.

Depuis l'Exposition de Seville de 1933 le "SEPTETO NACIONAL" n'était pas retourné en Europe. Il traverse l'Atlantique en 1989 et se présente au Ronnie Scott de Londres; au Queen Theater d'Edimbourg. Dans la capitale anglaise la formation enregistre un disque pour lequel elle invite "Los MUÑEQUITOS de MATANZAS", qui participe à la tournée. Le trompettiste Anibal s'intègre durant le voyage. Après d'autres villes anglaises le septeto part pour Moscou. Au retour c'est à Santiago de Cuba qu'il enregistre douze titres dont "Tú mi infinidad", "Coco mai, mai", "Creí que eras mía", "Imperdonable"... En fin d'année se profile une tournée dans la province de Matanzas puis le "NACIONAL" effectue au cours de l'année 90 un voyage en Colombie à Bogota pour le Festival Salsa y Jazz; participe à la Fiesta Cubana de la Música au Teatro Karl Marx; joue à Guantánamo pour le Festival del Son et retourne sur le continent pour jouer au Venezuela puis de nouveau en Colombie en particulier à Cali pour le Maratón de la Salsa, à Medellín.... Parmi les entrées et sorties incessantes figure l'arrivée après la première tournée en Colombie du jeune trompettiste Julito PADRÓN. Un nouveau programme de télévision Mi Salsa est diffusé sur le Canal 6 et le "SEPTETO NACIONAL" y participe avant de s'envoler ver l'Algérie. EMBALE donne des signes de santé préoccupants et la formation engage Daniel VERA pour les parties vocales afin de prêter main forte à Carlos EMBALE jusqu'au tout début de 1993 date à laquelle Carlos fait sa dernière apparition lors du programme télévisé Quiéreme mucho. Amik GUERRA remplace PADRÓN. Cette année marque un changement important pour le septeto. Le groupe comprend à ce moment Eugenio "Raspa"; Daniel VERA, voix; Amik, trompette; Miguel HINOJOSA, contrebasse; Emilio RAMOS, tres; Roberto IZQUIERDO, bongó et Richard AYMÉ, guitare, entré en 1990 et qui prend à ce moment la direction du "SEPTETO NACIONAL" et le conduit sur diverses scènes cubaines, Patio de la Catedral, Museo de la Música, Museo de Bellas Artes..

Le Septeto Nacional en 1990 avec Herrera.
A la fin de l'année suivante "Mañungo" ORTIZ disparaît. Le groupe continuait jusqu'ici de faire ses répétitions dans sa maison. 1995 est marqué par la tournée en Allemagne, l'arrivée du bongosero abakua Francisco "El Matador" OROPESA et l'enregistrement de thèmes traditionnels.
El Son más largo del Mundo, événement organisé en 1997 au Salón Rosado de La Tropical, compte sur le septeto qui est fête ses 70 ans par un gala pour lequel sont invités de nombreux soneros et groupes. Le succès que connaît la musique cubaine à travers le monde à cette époque donne une nouvelle impulsion au "SEPTETO NACIONAL" qui fait partie d'un enregistrement collectif réalisé par la compagnie RealRhytmRecords. Il offre le thème "Llora como lloré". A la suite pour une autre compagnie suisse quatorze titres sont de nouveau enregistrés avec plusieurs invités dont trois bataleros abakuás. Le compositeur Pablo BLANCO compose pour l'occasion le thème "Ignacio Piñeiro, hasta los ángeles bailan tu son" qui deviendra le thème joué par le septeto à la fin des concerts. La formation réalise plusieurs prestations au restaurant Don Giovanni et à l'hôtel Copacana. La nouvelle composition de la formation comprend AYMÉ, "Raspa", Dorgis MATOS, voix et maracas; HINOJOSA, Emilio RAMOS, Fernando SÁNCHEZ, trompette; Francisco OROPESA, bongó. A partir de 1997 et pendant plusieurs mois le "SEPTETO NACIONAL" joue chaque semaine au Patio de la Catedral. Début 1998 Carlos EMBALE est victime d'un accident cérébral qui lui est fatal. Le III° Encuentro Nacional de Septetos est dédié à PIÑEIRO à l'occasion du 110° anniversaire de sa naissance et compte sur la prestation du septeto qui répond à une invitation pour se produire à Bogota au Salón Rojo de l'hôtel Tequendama et dans divers clubs de la capitale. Au retour commence une série d'enregistrements -à laquelle participent le conguero "Tata" GÜINES et le chanteur Raúl PLANAS- qui débouchent sur le disque "Havana Moods". En fin d'année AYMÉ et ses partenaires retournent aux studios à plusieurs reprises et on note la présence d'une conga, confiée à "Raspa", au sein du septeto. Dès les premières semaines de 1999 la formation reprend la tournée colombienne dans plusieurs villes, Barranquilla, Cartagena de Indias, Magangué... donnant des concerts dans les théâtres, clubs, ferias, carnavals... Les derniers disques enregistrés sont largement diffusé en Europe et ouvrent les portes du vieux continent au "SEPTETO NACIONAL": la Suisse, les Canaries au printemps puis lors de l'été les Pays Bas, l'Allemagne, la Turquie. La tournée finit en Espagne. C'est au Teatro América pour Musicuba 99' que la formation termine l'année.

Le spectacle La Gran Noche de las Estrellas à destination du public Venezuela  inclue le septeto dans sa tournée de l'an 2000, année qui voit également la formation participer au programme télévisé Fama y Aplausos offrant entre autres deux thèmes de ORTIZ, "La vida es una semana" et "Tú, mi afinida". Quatre voyages en Europe ont lieu cette même année, deux autres en 2001 et en 2002 le groupe enregistre dans les studios suisses de Fribourg le disque "Poetas del Son". Une crise due à la gestion du septeto aboutit dès les premiers jours de 2003 à une restructuration de celui-ci. "Raspa" en prend la direction et "El Matador" OROPESA la gestion. Enrique COLLAZO garde le tres; Bárbaro SÁNCHEZ, la contrebasse et les nouveaux membres sont Agustín SOMEILLÁN, trompette; Dagoberto SACERIO, guitare. Daniel VERA fait son retour et des techniciens sont incorporés.

Le "nouveau" groupe joue au Diablo Tun Tun, fête le 115° anniversaire de PIÑEIRO puis part en Europe de l'Est pour jouer à Prague et en Pologne. Au retour il alterne le Diablo Tun Tun avec le club Delirio Habanero et donne plusieurs concerts à la Casa de la Música de Miramar, au Museo de la Música et pour le programme télévisé Justo al Medio. Le "SEPTETO NACIONAL" remporte le Grammy 2003. Un nouveau disque est mis en route l'année suivante avec des compositions de divers membres du groupe, "Recordar es vivir" de "Raspa"; "Cascarauñafaña" de Franck OROPESA; "Congo ta'José" de SOMEILLÁN, "Maria Teresa" de VERA; "Cuando muy lejos estoy" de Enrique COLLAZO... et des classiques tels que "Sublime Ilusión" de Salvador ADAMS, "Demuéstrame tu" de Joseito FERNÁNDEZ. C'est ensuite le départ pour l'Europe qui devient un passage obligé chaque année. Les concerts sont organisés en Hollande, Pologne, Autriche, République Tchèque et Slovaquie. Le succès dépasse l'entendement. A la fin de la tournée SÁNCHEZ laisse la place à Raúl ACEA et Daniel VERA à Julio MARTÍNEZ.

 

Le Septeto Nacional en 1990 avec Herrera.

La tournée 2005 passe par l'Italie où le septeto joue à Modene pour l'hommage à Pavarotti puis se rend en Suisse, Allemagne pour le Festival Ulmer Zeit..., Autriche au Floridita de Vienne..., Slovaquie à Bratislava au Château Royal... En Pologne le "SEPTETO NACIONAL" donne plusieurs autres concerts, notamment dans le cadre du Festival de Jazz de Varsovie et poursuit sa route vers Riga en Lithuanie pour le Riga Ritmi Festival. La formation passe également par le Danemark, la Belgique, la Hongrie. La tournée s'achève en France avec le Festival Toros y Salsa de Dax et une grande descarga avec Ray Barreto et le groupe cubain "Los PAPINES". Le septeto récidive lors de leur spectacle et Ray et "El Matador" OROPESA réalise un duo de congas-bongó historique. Le retour dans l'île est marqué par la participation au Festival de Agrupaciones Soneras à Mayarí, berceau du Son. La fin de l'année est consacrée à un voyage à Dubaï.

Le retour aux studios Egrem se produit en 2006 pour l'enregistrement de compositions de PIÑEIRO, ORTIZ et "Piñeiro se baila con son" de Pablo BLANCO.
Le disque sort sous le titre de "Noche de congas". Le personnel du groupe est constitué de "Raspa", "El Matador", SACERIO, COLLAZO, ACEA, SOMEILLÁN, MARTÍNEZ, La tournée d'été intitulée La Conga sigue arrollando traverse la Hollande, la Belgique, l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse, l'Italie, la Slovénie, l'Espagne et la France. Un chercheur exhume la composition de PIÑEIRO "Asturias, patria querida" retrouvée... en Allemagne. Le septeto la remet à son répertoire dans sa version originelle. Onze pays sont visités en 2007 lorsque s'incorpore à la formation le chanteur Crispin DIAZ dont la voix ressemble à celle d'Ignacio. Dans l'île le "SEPTETO NACIONAL" se présente à Catalina de Güines là où PIÑEIRO avait crée "Échale salsita".


Le Septeto Nacional à la Basilique en 2007.
Les 80 ans du septeto sont célébrés par plusieurs manifestations ; à la taverne Amigos del Benny dans la vieille Havane, un concert permet à "Raspa" d'offrir une version magistrale de "Convergencia"; au Museo Nacional de Bellas Artes la célébration continue avec un nouveau concert et des invités prestigieux de toutes générations. "Esas no son cubanas", "Échale salsita"... sont au programme: Le chanteur du « SEPTETO Los NARANJOS », Pablo JUSTIZ, chante "Tu son tresero". La fête s'achève à la Basilique San Francisco de Asís où le "SEPTETO NACIONAL" invite le Coro Polifónico de La Havane et la Camarata Música Eterna qui interprètent respectivement "Esas no son cubanas" et "Suavecito" et "Échale salsita". Moscou accueille ensuite la formation cubaine. L'année suivante sous l'appellation Desafiando al Destino, la tournée estivale commence à Lyon en France et parcourt sept pays. Elle inclue Ricardo OROPESA, danseur, qui depuis plusieurs années assume la direction administrative du septeto et la partie bailable. La fin d'année entraîne la formation vers le Mexique pour le Festival International de Campeche.

Sur le marché du disque sort en 2009 le cd portant le nom de la tournée avec une présentation et un concert au Palacio de la Rumba. Parmi les quatorze titres figurent "Aquí estoy" de SACERIO; "Del some al son " de SOMEILLÁN; "Glorias de la tradición" de COLLAZO... Le septeto se présente à la télévision dans les programmes La Descarga et En la tercera estaré contigo; donne plusieurs concerts dans la province de Pinar del Rio; participe au concert Paz sín Frontera à l'occasion duquel Eliades OCHOA est à leurs côtés sur scène. Pour la première fois depuis 1933 le "SEPTETO NACIONAL" réalise une tournée aux Etats Unis donnant dans le pays dix neuf concert dont plusieurs à Puerto Rico pour lesquels les musiciens Luis Sepulveda et Andy Montañes retrouvent les cubains. En toute fin d'année la Feria de la Caña de Azúcar , à Cali, invite le "SEPTETO NACIONAL".


Le septeto lors de la présentation de Desafiando al destino au Palacio de la Rumba.
2010: "Sin rumba no hay son" propose huit thèmes inédits. Une visite du chanteur Nelson Pinedo se traduit par la participation de celui-ci à un concert du septeto à la Casa de la Música de Miramar. La formation est aussi sur les ondes de la COCO-CMKC. Un nouveau périple aux Etats Unis la conduit au Festival de Monterey, au Yoshi's de San Francisco où le trompettiste "Chocolate" ARMENTEROS, disciple de Lázaro HERRERA et ami de PIÑEIRO dans sa jeunesse, rejoint le groupe; à San Diego, Los Angeles, Miami... et dans plusieurs villes du Canada.

Septeto Nacional. 2011.

En 2012 le septeto a sa peña au Mirador de l’Hôtel Lincoln de la capitale cubaine et débute son périple international à Panama pour un Homenaje al Son en compagnie du chanteur Andy Montanez. Le concert a lieu au Habana Panama de la vielle ville. D’un saut de puce le « SEPTETO NACIONAL » se rend en Colombie donnant un premier concert à Bogota puis à Cartagena de Indias au bar Café Habana.  Le personnel du groupe reste stable tout en incorporant Crispin DÍAZ, voix et maracas. Au cours de l’été les prestations tournent autour de la peña et du piano-bar El Diablo Tun Tun.
Les Cubains s’envolent en septembre pour le Mexique et plusieurs concerts à Mexico, Ciudad Juárez, Parral… et dans le cadre du Festival International de Chihuahua. S’enchaîne à cette tournée une autre à travers les Etats Unis,  San Francisco, Chicago, Minneapolis, Phoenix, Richmond.
Le septeto occupe en décembre le Club Delirio Habanero et l’année se termine par les célébrations des 85 ans du « SEPTETO NACIONAL » avec un concert à la Basilique San Francisco de Asis de la capitale.


Septeto Nacional. Concert du 85° anniversaire à la Basilique.

En janvier 2013 sort un nouveau disque "La Habana tiene su Son", un Dvd ainsi qu'un livre du même nom écrit par le manager du groupe et musicologue, Franck Oropesa. Le disque contient notamment "Cuatro palomas", " Gloria a los rumberos", " Soliviano en tumbao", "Fijate que no es igual"... Le « SEPTETO NACIONAL » fait un saut en Colombie pour trois concerts.

En novembre la septeto part pour une cinquième tournée aux Etats Unis. Il se présente à Miami, San Francisco, Chicago, au Aaron David Hall de New York, avec Cuco Valoy le chanteur portoricain. Avec lui le groupe interprète "Suavecito", "Chan chan", "Lagrimas negras" ou encore la composition de Cuco "Juliana". A Isla Verde, Puerto Rico il invite Andy Montanez présent sur le dernier disque.

Le « SEPTETO NACIONAL » se centre en 2014 et 2015  sur les activités insulaires et notamment les concerts réguliers à l’Hotel Nacional. Il se présente toutefois à l’étranger pour un concert dans Little Havana à Miami au club Hoy como Ayer en novembre. C’est en janvier 2016  que la formation retourne aux Etats Unis pour une exceptionnelle prestation avec le célèbre « Orquesta Broadway » pour un concert baptisé Música al Rojo Vivo qui se tient dans le Bronx au Lehman Center puis la formation traverse les Etats Unis pour donner un concert et un work shop au Brava Theater Center de San Francisco.

© Patrick Dalmace

Discographie sélectionnée:
* " Sexteto Nacional, Primeras Grabaciones ", N.Y. 1927-28 Tumbao TCD 097.
* " Ignacio Piñeiro and his Septeto Nacional ", La Havane 1928-30, Tumbao TCD 019.
* " Septeto Nacional de Ignacio Piñeiro", L.H. Egrem CD0071.

* " Septeto Nacional & Guests. Mas Cuba Libres", L.H. 1999 Network 33182.
* " Septeto Nacional Ignacio Piñeiro. Poetas del Son", 2002, Harmonia Mundi 274 1170.
* " Noche de conga", L.H. 2006, Egrem 779.
* " Desafiando al destino", L.H; 2009,
Bis Music 729.
* " Sin Rumba no hay Son", L.H. 2009, World Music.
* " La Habana tiene su Son", Suisse, 2007-2011, Bis Music.

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Egrem 779 &
Bis Music 729

 


 
Le Son. La Havane des années vingt.
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