Les instruments typiques de la musique cubaine

Le BONGÓ

 

Photographie:Frédéric Vigneau

Le Bongó est un instrument membranophone composé de deux petits tambours, les tamborcitos.
Les tamborcitos sont initialement creusés dans deux morceaux d'un petit tronc d'arbre. L'un des deux, d'un plus petit diamètre, est nommé macho -mâle-, l'autre hembra- femelle-. La peau qui les couvre est d'abord cloutée, contrairement aux tambours africains, et chauffée à la flamme d'une bougie avant usage. Le système de tension par clés est introduit au cours de la première moitié du XX° siècle.
Le bongó est toujours tenu entre les genoux et joué sans l'aide de baguettes, avec les mains. Chacune d'entre-elles frappe l'un des deux tamborcitos. Les sons produits par les tamborcitos macho et hembra sont différents.
Bien que l'on puisse rechercher son origine en Afrique, vraisemblablement chez les Bantú, le bongó est proprement cubain et apparaît suffisamment tardivement pour qu'on puisse le considérer comme un instrument créole. A l'origine utilisé principalement par les noirs il est toutefois, dans tout l'Oriente cubain, l'instrument de percussion des fêtes populaires, toutes races confondues.
Vers la fin de la première décennie du XX° siècle le bongó se répand dans l'île et devient l'instrument de percussion des premiers sextetos soneros de la capitale.
Dans les ensembles soneros -sextetos ou septetos- le bongó assure d'une manière générale tout au long du thème, une cadence, un rythme régulier, le "martillo ". Le bongosero effectue en outre un solo, une improvisation, dans laquelle il cherche à transmettre rythmiquement le message que propose le texte, à dialoguer avec celui-ci. Dans cette improvisation doit aussi ressortir l'ambiance de la rue, du solar. A cet instant du morceau, le bongosero déclenche un changement d'attitude dans le public, l'amène au point culminant de sa participation. A la fin des années trente, le bongosero troque fréquemment à cet instant le bongó pour le cencerro.


Quelques grands bongoseros cubains.
Oscar Sotolongo
Agustín Gutiérrez
"Chino" Pozo