Les instruments typiques de la musique cubaine .

 

Le LAUD

Le véritable laúd a une origine à rechercher dans le monde oriental et sans doute dans la plus haute antiquité mésopotamienne. Il se répand en Europe aux XVI°, XVII° siècles.

Peu usité en Espagne, peut être parce qu'il était utilisé par l'occupant arabe, c'est la bandurria qui lui est préférée et c'est cet instrument qui traverse l'Atlantique avec les premiers conquérants. La bandurria diversifie ses formes au cours des siècles.


Bandurria.

A la fin du XIX° siècle émerge en Espagne un autre cordophone, dérivé de la bandurria, au son plus grave, que l'on appelle alors le nuevo laúd . Ce nuevo laúd , ou laúd campesino , d'abord contralto , donne bientôt naissance à toute une petite famille.

En général, sur une caisse pratiquement semblable à celle de la bandurria, le laúd dispose de six cordes doubles. Des variantes peuvent exister et l'on trouve le laúd basse, laudete , laudín En Espagne dans les années trente le « Cuarteto Aguilar » utilisait un premier laudín, deuxième laudín , un laúd tenor et un laudón .


Détail d'un laúd du Museo Nacional de la M úsica
de La Havane.

Le laúd campesino pénètre à Cuba dès le début du XX° siècle. Il s'y raccourci et ses six cordes s'accordent désormais ainsi : RÉ-FA# -SI-MI-LA-RÉ . Plutôt utilisé dans les campagnes et par les Estudiantinas, on trouve sa trace au cours de la troisième décennie dans diverses formations comme la Estudiantina « JUVENTUD MONTAÑESA », le « Trio RIBÉ » et le maître incontesté de l'instrument à cette époque est le repentista Martín SILVEIRA . On peut entendre le laúd de SILVEIRA sur des enregistrements de l'époque. Il possède une technique simple qui révèle l'apprentissage empirique de l'instrument.

Le déclin de la bandurria traditionnelle est largement amorcé. La musique campesina opte pour le laúd.
Au cours des années quarante, dans la région de Matanzas, Alejandro AGUILAR, « El Príncipe del laúd », travaille à donner ses lettres de noblesse à l'instrument. La technique progresse. AGUILAR invente le punto chino, inspiré des musiciens chinois qui sont nombreux sur le port de la ville et commence à développer ce qui deviendra la base de l'improvisation pour le laúd, le toque alza-púa.

Deux autres matanceros se distinguent au cours des années quarante. José Manuel RODRÍGUEZ accompagne de son laúd les ensembles campesinos sur les ondes de CMCJ et de Cadena Azul.
Miguel OJEDA,
souvent avec un laúd de brazo largo,  plus long, plus proche de l'instrument espagnol, joue quant à lui aux côtés de Joseito FERNÁNDEZ et devient artiste officiel de l radio CMQ puis fonde le groupe «PALMA y CAÑAS ».

 

 

Miguel Ojeda.


De la même génération, Raúl LIMA propage l'instrument autour de Villa Clara et jusqu'à la capitale où il s'installe, créant en 1972 le groupe « CAMPO ALEGRE », l'une des plus importantes formations diffusant le punto cubano et la musique campesina au sein de laquelle le laúd tient un rôle fondamental. LIMA est incontestablement celui qui va développer l'improvisation sur le laúd .

Au milieu de la deuxième moitié du XX° siècle, l'apparition de méthodes, l'enseignement par des maîtres ou professeurs permet à la technique du laúd de progresser considérablement.


Avec LIMA et AGUILAR , Luciano MONET est aussi l'une des figures essentielles du laúd . Ce dernier forme celui qui peut-être considéré à la fin du XX° siècle comme le virtuose de ce cordophone : Barbarito TORRES, qui fait entrer le laúd dans d'autres genres de la musique populaire cubaine, utilisant aussi les recours des jazzmen.