Les instruments typiques de la musique cubaine .

 

Le CAJÓN

Photographie Frédéric Vigneau

Au cours du temps, dans les barracones des esclaves noirs, les caisses en bois -cajones- utilisées comme percussions ont fini par être sélectionnées afin de donner les sonorités que les percussionnistes souhaitaient pouvoir obtenir. Trois types se sont imposés.
Une petite caisse couvrant les aigus a pris le nom de quinto. Dans la Rumba, c'est le quinto qui improvise. Il faut voir là le résultat d'un des phénomènes d'interaction culturelle entre l'Europe et l'Afrique, car c'est avec les tambours aux sons les plus graves que les Africains habituellement improvisent. Si la rumba a transformé cette donnée elle a conservé la tradition du continent noir de placer l'instrument d'improvisation au centre de l'ensemble des percussions.
Une deuxième caisse dénommée macho ou tres-dos calque sa partie sur la clave de la rumba couvre une frange sonore intermédiaire. Le plus gros des cajones reçoit le nom de salidor parce qu'il est le premier à "romper la rumba". Il fournit les sons les plus graves.
Ces cajones se sont perfectionnés. Les rumberos après avoir utilisé les caisses telles qu'elles apparaissaient, les ont démontées, travaillées, poncées, remontées de façon à ce que l'ajustement des lattes de bois soit plus précis. Parfois afin d'assurer une meilleure jointure entre ces lattes, les cajones remontés sont trempés dans l'eau.
A ces cajones succèdent au milieu des années vingt des instruments plus sophistiqués, les tambores de rumba dont l'évolution consacre le terme de tumbadoras .