Les instruments typiques de la musique cubaine.

 

Les TAMBOURS BATÁ

 


Les tambours Batá sont en fait un ensemble de trois tambours bi-membranophones de même forme mais de trois tailles différentes : Le plus petit est nommé  Okónkolo ; le medium Itótele et le plus grand Iyá.
L’ensemble a une origine africaine précisément Yoruba, ethnie pour laquelle ces tambours sont sacrés et spécifiquement utilisés pour les  cérémonies consacrées à  Changó.  A Cuba leur caractère sacré existe aussi mais les tambours sont utilisés pour l’ensemble des célébrations religieuses quelle que que soit la divinité. Leur arrivée dans l’île ne se fait que peu avant le milieu du XIX° siècle lorsqu’après l’effondrement de l’empire du Dahomey surgit un accroissement de la réduction en esclavage des lucumí.
Un concours de circonstances réunit quelques esclaves des barracones de Regla qui connaissent les tambours et décident de réactiver leurs traditions religieuses. Plusieurs jeux de tambours sont fabriqués, consacrés et rejoignent différents cabildos. C’est donc autour de la capitale puis vers Matanzas que les tambours Batá sont principalement joués pendant plusieurs décennies.


Ces tambours à l’aspect biconique sont taillés d’une seule pièce dans un tronc.  Toutefois les Yorubas déportés dans d’autres régions, Haïti, Brésil ont donné à leurs tambours Batá, d’autres formes et dimensions.
Les Batá sont frappés par les mains des deux côtés et sont donc tenus horizontalement sur les genoux du OluBatá, le Batalero.


Tamboreros du groupe de Raúl Díaz.  


Toutefois ils peuvent être suspendus par une lanière et être joués debout, par exemple lors des cérémonies funèbres.
Les deux membranes se répondent et les sons diffèrent non seulement de l’endroit où elles sont frappées mais en fonction de la membrane opposée selon qu'elle est libre ou si au même moment elle est elle-aussi frappée ou si la main repose dessus.
Les tambours Batá apparaissent pour la première fois hors de leur rôle sacré en 1936 lorsque l’ethnologue Fernando Ortíz les montre en public entre les mains de Pablo ROCHE, Iyá.; Aguedo MORALES, Itótele et de Jesús PERÉZ, Okónkolo. Pour cette occasion il doit faire fabriquer les instruments avec une taille très légèrement différente des originaux pour ne pas profaner le caractère sacré des tambours. Gilberto VALDÉS les utilise en concert à la même époque.
C’est le début de la désacralisation des Batá qui de plus en plus sont utilisés dans la musique populaire, dans les shows des cabarets mais aussi dans la musique savante
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